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Romain

A 31 ans, Romain a un travail qui lui plaît, avec un salaire correct. Il a choisi d’épargner tous les mois pour préparer des projets à venir, et notamment l’achat d’un appartement. Néanmoins, il est à découvert à chaque fin de mois.

Son problème : Romain se demande si ce n’est pas plus rentable d’arrêter d’épargner pour compenser ses dettes et éviter de payer des intérêts et commissions.

Le cas de Romain vous aide à : gérer un budget

Ce n’est pas parce que l’on gagne correctement sa vie que gérer son budget devient facile ! La plupart d’entre nous ont été éduqués aux “premiers gestes” de l’épargne : le livret A pour mettre de côté, le PEL pour préparer un achat immobilier, etc. Mais comment protéger son épargne, avec toutes les fluctuations de son budget ?

Ce qui se dit

Romain : Ma banque vient de m’appeler pour me prévenir que je suis à découvert… et on n’est que le 19 du mois !

Marine : Tu ne m’as pas dit la même chose le mois dernier ? Ce qui est fou, c’est que tu continues à mettre de côté. À se demander à quoi te sert ton épargne ?

Romain : J’essaye de prévoir pour plus tard, pour de futurs projets ! Mais ma grand-mère me répète que je dois d’abord rembourser mes dettes avant de penser à épargner. Gérer mon budget est vraiment un calvaire !

Marine : Moi je pense plutôt que tes dettes te coûtent plus cher que ton épargne ne te rapporte… Mais je suis sûre que tu n’es pas seul dans ce cas-là ! Avec du temps et de la patience, on vient à bout de tout.

On fait le point

Marine a raison, Romain est loin d’être le seul à se sentir perdu. Les premiers grands projets amènent généralement leur flot de questions : comment prévoir un achat immobilier ? l’arrivée d’un enfant ? Des grands projets de voyages ? Les idées ne manquent pas mais les moyens financiers peuvent ! Surtout si, en parallèle, on veut pouvoir s’assurer un train de vie confortable et serein. Les vingtenaires commencent généralement par regarder ce qu’ils ont mis de côté et le cas échéant, se tournent vers des solutions comme le Livret A ou le Plan Epargne Logement. Ils peuvent éventuellement récupérer les fruits de leur Livret Jeune à leurs 25 ans. Mais ne nous faisons pas d’illusions : il s’agit là d’une épargne somme toute assez dormante.  

À la grand-mère de Romain qui lui conseille de payer ses dettes avant de se lancer dans une entreprise d’épargne, j’apporterai de la nuance ! L’objectif dans la gestion d’un budget standard comme celui de Romain, est d’é-qui-li-brer ! Il a certainement beaucoup de beaux projets qu’il souhaite financer, mais il doit d’abord apprendre à stabiliser ses dépenses et ses rentrées d’argent pour repartir sur des bases saines. 

En 2017, 181 123 situations de surendettement ont été soumises aux secrétariats des commissions de surendettement de France métropolitaine. Le chiffre peut sembler impressionnant, mais il montre bien que la situation n’est pas marginale.

Romain lui, fait partie de plus de la moitié des français qui sont régulièrement à découvert. Les chiffres de 2017 révèlent que 40 % des français n’ont jamais été à découvert. Sur le reste des sondés, 23 % sont à découvert au moins une fois par mois, 21 % sont à découvert une fois par trimestre et 16 % au moins une fois par an. Vous auriez parié sur quelles proportions ?

Source : Etude de Panorabanques, 2017

S’entourer pour mieux gérer

Romain a besoin de prendre conscience de ses dépenses et de prendre le temps de voir l’état de ses comptes. Fermer les yeux dessus ne résoudra rien malheureusement ! Alors autant de ne pas remettre à demain ce qu’il peut faire aujourd’hui. 

Bien évidemment, je ne suis pas en train de dire qu’il doit passer ses soirées à remplir des colonnes de chiffres et des tableaux prévisionnels. Ni qu’il doit devenir le meilleur ami de son banquier. Seulement, pour bien gérer son budget, il doit pouvoir connaître à tout moment l’état de ses comptes et anticiper sa situation en fin de mois, en fonction de ses dépenses. 

Les nouvelles sont bonnes : non seulement Romain est loin d’être seul à appréhender la gestion budgétaire, mais il est de plus en plus facile de s’entourer de guides et d’outils. Il en existe qui donnent accès à l’ensemble de ses comptes sur une seule et même plateforme permettant de mieux visualiser la situation. On peut y ajouter ses différents comptes pour garder un équilibre global (celui ouvert plus jeune pour ses économies, celui de ses dépenses de tous les jours, ou celui pour épargner pour un futur achat immobilier, peu importe l’établissement bancaire).

Certaines personnes ont la capacité d’immédiatement saisir la conjoncture rien qu’en lisant une liste de chiffres, mais cette faculté n’est pas donnée à tout le monde ! La visualisation des données au travers de graphiques et de jeux de couleurs est un autre moyen très pédagogique de se réconcilier avec la prévision budgétaire. Plusieurs applications mobiles permettent même de connaître ses dépenses récurrentes et d’estimer son solde à la fin du mois : une aubaine pour Romain qui se fait régulièrement avoir par ses dépenses ! 

On peut avoir l’impression d’accessoires gadget mais ces plateformes digitales sont de véritables encouragements à mieux gérer son argent. Comme un coach sportif aide un débutant à se mettre au sport, ces outils ont vocation à nous entraîner régulièrement. 

Ces outils doivent faire comprendre un message essentiel : un bon budget commence par un équilibre général ! Si Romain est dans le vert sur son compte épargne mais dans le rouge sur son compte courant, il ne pourra pas tenir longtemps à ce rythme !

Que des placements sûrs !

Le Livret A est un des placements les plus prisés : 75,8 % des français en avaient un 2015, soit plus de 7 français sur 10 ! Il est vrai que le taux d’intérêt du Livret A reste bas (0,75 % jusqu’au 31 janvier 2020) mais il s’agit d’un placement ultra sécurisé. Les fonds qui y sont déposés sont couverts par l’État qui les garantit en cas de problèmes. C’est justement son caractère sécuritaire qui séduit les français.

En plus de cela, tous les intérêts du Livret A sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Romain n’a donc aucun intérêt à clôturer son Livret A. Il pourra y placer jusqu’à 22 950 euros et peut retirer de l’argent à tout moment ! L’excellente liquidité de ce placement doit justement pouvoir lui servir pour compenser les fins de mois difficiles.

Le Livret A est un produit d’épargne réglementé par l’État : il décide de son fonctionnement, ses taux, son plafonnement… Et automatiquement de l’allocation des sommes cumulées ! En France, l’argent placé sur les Livrets A sert à financer le logement social et le renouvellement urbain.

Tout aussi simple d’utilisation que le Livret A, le Livret de Développement Durable peut être une solution d’épargne complémentaire pour Romain. Il s’agit également d’un livret réglementé non imposable, rémunéré au même taux de 0,75 %. Plafonné à 12 000 euros, le LDD est tout aussi sécurisé et garanti. 

Ces deux placements souples, sécurisés et accessibles permettront à Romain de stabiliser son épargne, avec des économies disponibles à tout moment. Après cette première étape, il devra s’orienter vers une épargne dite financière, c’est-à-dire vers des placements qui proposent des rendements plus intéressants : SCPI, assurance-vie, fonds communs de placements. Ce sont ces produits qui optimiseront réellement son épargne.

Devenir le roi de la négociation

Romain a très certainement déjà dû négocier un découvert autorisé auprès de sa banque afin de ne pas payer trop de frais supplémentaires. C’est le cas de plus de la moitié des Français !

Et en demandant un découvert, il ne peut pas éviter les fameux agios, ces frais perçus par la banque pour les cas de découvert. Et plus on se trouve dans le rouge, plus les frais se payent au prix fort ! Un véritable cercle vicieux dont il peut être difficile de s’extraire. 

Rien ne sert de se mentir : le modèle des banques fonctionne selon un principe de facturation de frais pour chaque incident recensé. Et les frais peuvent se révéler exorbitants : en moyenne, un client standard verse 34 euros de frais (liés à un solde débiteur, comme celui de Romain) par an. Sur les profils beaucoup plus en difficultés, il faut multiplier par 8 ! Sur les agios, une commission d’intervention de 8 euros en moyenne vient plomber le solde débiteur du client. Une commission censée payer l’analyse de la situation par le conseiller, mais ne nous faisons pas d’illusion sur le temps réellement passé à traiter le problème… Résultat : les frais liés aux incidents de fonctionnement représentent 30 à 35 % du chiffre d’affaires des banques !

Que faire de cet état des lieux ? Rien ne sert d’être fataliste, mais il faut garder en tête qu’il est toujours possible d’apprendre à négocier ses frais bancaires. Cela peut paraître un peu osé de franchir le pas de son agence ou d’appeler son banquier pour obtenir des taux plus avantageux, mais la pratique est largement répandue car l’épargne est avant tout un produit de grande consommation. 

Attention, certains frais sont plus facilement négociables que d’autres, comme les cartes bancaires par exemple. Romain peut également faire jouer la concurrence et se renseigner sur des comparateurs de banques pour étudier les différents taux pratiqués par chacune. 

Les banques en ligne sont également un compromis intéressant, elles peuvent faire économiser en moyenne entre 180 et 190 euros par an pour un client classique. Au final, très peu de personnes prennent le temps de regarder ailleurs et de changer de banque, malgré la loi de la mobilité bancaire de 2017. Seuls 11 % des français l’ont fait en 2018 !

Pour apprendre à mieux gérer son budget, Romain doit mieux équilibrer ses différents comptes. Facile à dire ! Il peut avant tout s’entourer d’applications qui l’aideront à mieux visualiser ses dépenses et ses revenus pour anticiper. Pour commencer à épargner, il peut s’appuyer sur des premiers placements sécurisés comme le Livret A ou le LDD. Mais pour obtenir des rendements véritablement intéressants, il devra se tourner vers des placements financiers plus dynamiques Enfin, je lui conseille de se pencher sur les frais que lui ponctionne sa banque, afin de voir comment économiser et mieux s’y retrouver.

  • Il existe bon nombre d’applications mobiles qui ont une fonction d’agrégateur et d’aide à la gestion budgétaire, parmi elles Bankin, Linxo, Nestor, etc ; 
  • Le site du gouvernement répertorie les principaux tarifs bancaires, par département sur le site https://www.tarifs-bancaires.gouv.fr/ ;
  • UFC Que Choisir propose son propre comparateur indépendant des banques ;
  • YNAB est un outil gratuit pour les étudiants qui permet de comprendre les bases de la gestion budgétaire.

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