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Laura

A 25 ans, Laura est diplômée d’une école de graphisme et de web marketing. Depuis peu elle a choisi d’exercer sa profession avec le statut d’auto-entrepreneur.

Son problème : ses revenus varient en fonction de ses clients et des missions. Il est difficile pour elle d’épargner pour compenser ses mois peu fructueux ou bien même… De prévoir des vacances !

Le cas de Laura vous aide à : épargner avec des revenus aléatoires

Les clients des auto-entrepreneurs leur réservent souvent des surprises : un dossier au dernier moment, une facture payée avec quatre mois de retard, une période sans nouvelles, etc. Les auto-entrepreneurs oublient parfois qu’il leur faut une trésorerie d’avance pour lisser tous ces aléas et les fluctuations de leurs revenus.

Ce qui se dit

Laura : J’adore être indépendante mais le seul problème, c’est que je suis entièrement dépendante de mes missions de travail. Je n’ai pas d’autre choix que d’épargner ! Mais ce que j’épargne ne semble pas suffire…

Chantal : Ma chérie, je te l’ai dit cent fois : la meilleure solution est de devancer tous les imprévus. Il faut absolument que tu mettes de côté un tiers de tout ce que tu gagnes et que tu le places dans des livrets. Je t’ai ouvert un Livret A quand tu étais toute petite, c’est justement à cela que ça sert !  

Laura : Je sais bien mamie. Je n’ose même pas imaginer prendre des vacances avec mon manque de visibilité…

Chantal : Ton épargne ne doit pas seulement servir à te prévoir des vacances : il faut toujours anticiper les imprévus et avoir devant soi un ou deux mois de salaire. Un accident ou une maladie arrivent vite…

On fait le point

Journalistes, pigistes ou chauffeurs Uber, artistes ou jeunes artisans, vous êtes plusieurs centaines de milliers en France à vivre comme Laura. Les chiffres du nombre de créations d’auto-entreprises explosent, de plus en plus se mettent à leur compte : en 2018, on recensait plus de 25 000 créations d’auto-entreprises par mois (Source : Fédération nationale des auto-entrepreneurs et micro-entrepreneurs).

Le retour de vacances est un chemin de croix : il faut payer les factures de la rentrée quand les revenus sont au minimum. Et on passe l’automne à éponger les découverts… avant les cadeaux de Noël. Les découverts servent à financer ses écarts de revenus, mais ils sont très dangereux. Malgré quelques efforts, le système bancaire a du mal à absorber les situations atypiques, entre les entrepreneurs et les salariés. Du coup les frais restent généralement très importants et ce, quel que soit le niveau de revenus.

Le régime de la micro-entreprise attire en grande majorité les moins de 30 ans et les plus de 60 ans. Même s’il est principalement représenté par des hommes, davantage de femmes déclarent un chiffre d’affaire positif (80,3 %) que d’hommes (72,9 %).

Source : l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss), la fédération des Urssaf, 2018

La clé c’est l’anticipation

Que peuvent faire Laura et tous ceux qui se trouvent dans sa situation ? Pour inverser la vapeur, elle doit avant tout bien planifier ses dépenses, aussi bien fixes que variables : son loyer et ses transports ; ses vacances et ses dépenses courantes. Mais pas seulement ! Souvent, les dépenses professionnelles ne sont pas anticipées : il faut que le budget de Laura intègre les risques d’impayés ou autres imprévus commerciaux. Et plus simplement la recherche de nouveaux clients, sa formation, son évolution professionnelle…

C’est en tenant compte de l’intégralité de ses dépenses que Laura pourra équilibrer son budget sur l’année, et prendre conscience de sa capacité réelle d’épargne. En connaissant mieux ses dépenses, elle saura également plus facilement calculer le montant nécessaire pour remplacer les découverts. Son objectif ? Adopter une démarche proactive et se constituer une réserve.

Pendant les mois rentables, elle peut basculer le surplus sur un livret d’épargne ou d’autres instruments d’épargne liquide. Et dans les périodes de vaches maigres, pour éviter les découverts coûteux, Laura peut aller puiser dans ce livret. Ce matelas d’épargne liquide doit être proportionnel à ses dépenses et ses revenus, soit trois à six mois de « salaire » (soit son revenu annuel divisé par 12). Et non un ou deux mois, comme lui préconise sa grand-mère, ce qui risque de ne pas suffire.

L’épargne liquide permet de disposer de son argent immédiatement. Elle correspond aux deux tiers de l’épargne des Français, hors immobilier. Ce sont des ressources disponibles et utilisées pour le quotidien. Parmi elles, on retrouve :

– le compte courant, le compte en banque classique ;
– le Livret A ;
– le Livret Développement Durable et Solidaire ;
– le Livret d’Épargne Populaire ;
– le Livret Jeune ;
– l’Assurance-vie, sous certaines conditions.

L’important est que Laura puisse facilement récupérer son argent à tout moment, sans payer de frais et d’agios sur ses découverts. Encore mieux, son épargne pourra lui rapporter un peu d’argent. En France, le compte courant n’est pas rémunéré, mais tous les livrets le sont. Même si l’augmentation générale des prix peut rogner son pouvoir d’achat et que les taux ne sont pas les plus rémunérateurs, il est toujours mieux dans un premier temps de percevoir un rendement de 0,75 % que de payer 7 % à 8 % pour un découvert autorisé – et plus du double en cas de dépassement… Les versements sur les livrets sont plafonnés : 22 950 € au maximum pour le Livret A, 12 000 € pour le Livret de Développement Durable et Solidaire (l’ancien « Codevi »), 7 700 € pour le Livret d’Epargne Populaire (également soumis à un plafond de revenu), et 1 600 € pour le Livret Jeune. 

Sa soupape de sécurité mise en place, Laura pourra placer son épargne supplémentaire dans des produits plus rémunérateurs, ce qui la fera mieux fructifier et lui permettra de lisser en partie ses revenus. C’est l’épargne financière. Mais comme lui fait remarquer sa grand-mère, cela ne suffit pas. Devenir auto-entrepreneur ne doit pas rimer avec fragilité : une bonne couverture sociale est nécessaire pour se protéger et protéger sa famille et Laura pense peut-être à en fonder une bientôt. 

Ne pas oublier la prévoyance

Laura doit également penser à régler les questions de prévoyance – et non, comme l’indique sa grand-mère, de « mutuelle ». Pour rappel, une mutuelle rembourse les frais de santé alors qu’un contrat de prévoyance permet de percevoir une aide financière en cas d’hospitalisation ou d’accident, mais aussi de décès (pour les héritiers) et donc de perte de revenus. Autrement dit, la prévoyance couvre les risques de décès, d’invalidité ou d’incapacité.

En effet, même si la Sécurité sociale prévoit en principe des indemnités pour chacun de ces risques, cela ne couvre pas totalement le manque à gagner de Laura. Souscrire un contrat de prévoyance – ce que font les employeurs pour leurs salariés – lui permettra de bénéficier de prestations complémentaires.

Le choix de son contrat de prévoyance va dépendre de sa situation. Les tarifs varient en fonction de l’âge, de l’état de santé et des garanties. Il faut donc, ici encore, que Laura identifie précisément ses besoins en matière de risques couverts : maladie, maternité, décès, invalidité… Si elle est encore célibataire, elle va plutôt privilégier un contrat garantissant un complément financier en cas de maladie ou d’invalidité. Si elle est mariée, avec des enfants, elle va préférer un contrat offrant un niveau de vie satisfaisant pour sa famille en cas de décès prématuré… Parmi les garanties les plus courantes, on retrouve le maintien des revenus (une partie ou la totalité de son salaire) et le versement d’une allocation régulière (comme une rente ou un complément financier).

Avant de souscrire à un contrat individuel, il faut penser à vérifier les assurances prévoyance déjà souscrites à titre obligatoire (par exemple, un contrat prévoyance décès des cadres) ou facultatif (par exemple, prévoyance famille, prévoyance professions libérales…). En effet, même s’il est possible de cumuler plusieurs contrats de prévoyance, les garanties offertes ne pourront, à l’exception des contrats prévoyant une prestation de type forfaitaire, dépasser le montant des sommes restant à charge après le versement des prestations dues par la Sécurité sociale.

Quid du portage salarial ?

Laura peut également choisir l’alternative du portage salarial. Il lui permet de développer son activité en autonomie tout en percevant une rémunération mensuelle avec une couverture sociale intégrale : assurance santé, mutuelle complémentaire d’entreprise, prévoyance, caisse de retraite, congés payés, assurance chômage, assurance responsabilité civile… En cas d’arrêt de travail à cause d’un accident ou d’une maladie, Laura aura la certitude de toucher une indemnité journalière. 

Vous l’avez compris : le portage salarial permet au travailleur indépendant de bénéficier des avantages d’un CDI. La contrepartie est qu’il « coûte » cher. Des frais de gestion s’ajoutent aux cotisations sociales. Laura ne peut finalement percevoir que la moitié de son chiffre d’affaires… Une solution judicieuse lorsque l’on a atteint un salaire confortable et que l’on souhaite plus de stabilité, quitte à y laisser une partie de ses revenus.

Il paraît normal que les profils juniors, comme Laura, ne s’y intéressent pas encore. D’autant plus depuis l’augmentation du plafond « micro-social » pour les auto-entrepreneurs à 70 000 euros (ou 170 000 euros pour la vente de marchandises). Dans tous les cas, Laura a tout intérêt à rapidement souscrire (outre un contrat de prévoyance) à un contrat de retraite complémentaire spécifique aux indépendants : la retraite, ça se prépare jeune !

Pour assurer ses arrières d’auto-entrepreneure et avoir une démarche pro-active, Laura doit apprendre à prévoir son budget et à se construire une réserve d’épargne liquide en cas de coups durs. Une fois son épargne assurée, Laura pourra placer son épargne supplémentaire dans des produits plus rémunérateurs. Et ce n’est pas fini ! Comme tous les indépendants, elle doit penser à souscrire à un contrat de prévoyance et à un contrat de retraite complémentaire spécifique

  • Il existe des applications qui aident à mieux gérer son argent et proposent des programmes de budgétisation : parmi elles, You Need a Budget et Bankin’
  • Etant donné le boom des indépendants et des freelances, de plus en plus de solutions sont conçues pour les accompagner : Shine est un assistant administratif qui propose aux petites structures comme celles de Laura de s’occuper de leurs tâches administratives. Si on peut se le permettre, autant mettre toutes les chances de son côté pour se concentrer sur son business !

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