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Julie

A 38 ans, Julie est divorcée et travaille dans une ONG où elle est en charge des partenariats. Elle a déjà commencé à se constituer une épargne. Elle prend toutes ses décisions de placements pour des causes qu’elle choisit, elle aime les savoir utiles.

Son problème : Elle se demande comment décider réellement où va son argent épargné. N’étant pas experte en finance, elle a besoin d’aide pour que ses causes soient utiles aux causes qu’elle défend et non desservies au profit de grandes entreprises financières.

Le cas de Julie vous aide à : s’orienter vers des placements utiles et responsables

Toutes nos bonnes volontés et nos engagements (sociétaux, environnementaux, sociaux, etc.) ne suffisent pas à avoir un impact réel. L’épargne affinitaire existe mais attention à ne pas se laisser berner !

Julie : Autant je commence à bien connaître les oeuvres caritatives et les actions humanitaires, autant j’ai l’impression de ne pas maîtriser les placements responsables ! Pas facile de transposer ses croyances dans son épargne.

Andrée : Ma petite-fille, tu travailles déjà pour une ONG et tu te déplaces dans tous les recoins de la terre en prenant des risques avec ta santé. Si tu veux mon avis, tu fais déjà beaucoup. Ton épargne doit être à la banque !

Julie : Justement, je ne suis pas certaine que mon banquier soit le mieux placé pour m’aider à investir de façon durable et engagée.

Andrée : J’ai tout de même entendu dire que le Livret A investit dans les logements sociaux, cela peut être une première étape !

Ce qui se dit

Julie a raison de s’interroger sur sa démarche. Ne s’improvise pas financier qui veut ! Mais qu’elle se rassure : ses combats personnels ne sont pas incompatibles avec une épargne solidaire et engagée. Il y a une vraie demande et appétence de la part des consommateurs, qui cherchent à ne pas épargner pour rien ou dans le vide. Ils veulent une finance responsable, à leur image. 

Il faut dire que beaucoup des professionnels laissent au placard les produits d’épargne responsable. Mais surtout la faute au concept même de l’épargne, vendue comme un aboutissement. C’est faux ! L’épargne n’est pas une fin, mais un moyen. Un moyen de réaliser ses projets et de concrétiser des engagements.

La grand-mère de Julie a raison : l’argent total placé sur les Livrets A sert à financer le logement social et le renouvellement urbain. Pour autant, difficile de ressentir l’impact concret de son choix d’épargne !

A tous ceux et celles qui, comme Julie, veulent donner du sens à leur épargne et viser des placements utiles, pensez aux produits regroupés sous le label ESG (Environnement, Social, Gouvernance) et ISR (Investissement Socialement Responsable) ! Deux nouveaux acronymes à ajouter à votre lexique de l’épargne proactive. Mais attention à ne pas idéaliser tous ces produits labellisés. Il est facile de tomber dans le panneau lorsque des géants de l’énergie ou du pétrole proposent eux-mêmes des fonds labellisés (allez consulter des listes, vous serez étonné !)… Gardez la tête froide, il est toujours possible de s’en sortir !

En 2015, les investissements dans les produits dits responsables (ceux labellisés ESG et ISR) représentaient 163 milliards d’euros en France, soit 17 % des encours français. 86 % du panel estimait alors qu’il s’agit d’un marché à fort potentiel de croissance (profils du panel interrogé : émetteurs, investisseurs, gestionnaires d’actifs, régulateurs, Places, universitaires et ONG) : cela suffit-il à faire bouger les choses ?

Source : Etude KPMG “L’ISR en France vue par ses acteurs”, 2017

Une épargne pas si différente finalement…

Les produits d’Investissement Socialement Responsable (ISR) correspondent tout bonnement à des actions et obligations de fonds (publics ou privés). Il en existe aujourd’hui un certain nombre, Julie a donc le choix sur les fonds qu’elle souhaite choisir et l’allocation de son épargne. Autre avantage : elle peut cumuler à ses contrats d’épargne déjà ouverts des fonds ISR. Elle peut alors profiter des avantages liés à l’antériorité fiscale de ses contrats. Parmi ses contrats d’épargne cumulables, on retrouve pêle-mêle l’assurance vie, la retraite, l’immobilier ou encore l’épargne salariale. 

Investir responsable n’implique pas réellement de grandes différences avec l’épargne classique. Je parle là de méthodes et de raisonnements. Je m’explique : transparence, lisibilité et niveau de risque sont les trois impératifs à contrôler pour tout épargnant. Julie doit tout d’abord prendre garde à vérifier qu’un produit, même labellisé ISR, est réellement responsable. Elle a également tout intérêt à bien se faire accompagner et à vérifier l’utilité du produit, pas toujours clairement indiqué par le professionnel qui lui vendra. Elle peut ainsi vouloir investir plutôt dans une activité liée au développement durable, à la santé, à l’agriculture biologique, à la lutte contre le mal-logement… À elle de choisir où elle souhaite allouer son épargne.

Pour finir, tout comme l’épargne classique, l’adage de l’épargne responsable pourrait être “Ne mettez pas tous vos oeufs dans le même panier”. En clair, il faut toujours raisonner dans une logique de diversification. Plus vous allouerez votre épargne dans des produits différents, plus vous serez certain de préserver votre capital. 

Dernier point commun entre l’épargne classique et l’épargne responsable : la performance ! Les performances des produits d’épargne responsable sont tout autant louables et il serait infondé de rejeter l’épargne responsable à cause de prétendus faibles résultats.  Bien sûr il faut garder en tête qu’en investissant dans des produits ISR ou ESG, on place à long terme. Il ne faut pas s’attendre à une rentabilité immédiate. Mais l’avantage en ayant des objectifs long terme, c’est que l’on se prévient également des risques.

Et toujours en fonction du profil !

Là encore, énorme point en commun avec l’épargne non responsable : dans la multitude de fonds labellisés, il y en a qui correspondent davantage au profil de Julie que d’autres. Il faut faire le tri pour trouver le bon produit pour le bon profil. A elle de bien cibler ce qui lui correspond, notamment en fonction du niveau de risque qu’elle peut et veut assumer. Elle le dit elle-même : malgré ces premiers placements et son désir d’engagement, elle n’est pas une experte de l’épargne et du financement ! Julie a plutôt un profil prudent et novice.

Dans les produits d’épargne responsables, un profil comme le sien doit éviter ce que l’on appelle le capital investissement, c’est-à-dire la prise de participation dans le capital de petites et moyennes entreprises non cotées. Elle doit également dire non aux obligations vertes (ou green bonds) – malgré leur intitulé prometteur : il s’agit là d’emprunts sur le marché que font des entreprises ou institutions qui recherchent des financements auprès d’investisseurs particuliers pour des projets écologiques. Ces investissements sont trop imprudents pour un novice en finance. Ils risqueraient d’engloutir rapidement un capital laborieusement constitué.

Que Julie se rassure, il existe d’autres types de placements responsables qui peuvent davantage lui correspondre. Je pense par exemple à l’investissement immobilier. Sur un produit peu risqué comme le SCPI (également recommandé à Christelle mais aussi à Gérard (p XX)), Julie peut dire oui à un investissement socialement responsable : cela lui assure d’investir dans des actifs immobiliers choisis selon des critères de sélection qui ne sont pas uniquement financiers. Parmi ses nouveaux critères, citons la santé et le confort des locataires, l’accessibilité, la diversité sociale, ou encore les performances énergétiques. Une révolution pour l’immobilier, traditionnellement peu scrupuleuse sur ses méthodes de sélection ! 

Par ailleurs, les SCPI sont réputées pour offrir une certaine stabilité et restent très facilement accessibles. Les tickets d’entrée sont faibles, Julie pourra sans souci y investir une petite part de son capital. Et l’autre avantage de la SCPI est de permettre des investissements sur un parc immobilier diversifié. Et cet argument n’est pas à prendre à la légère ! Car même si l’on parle d’épargne responsable, le risque de perte n’en est pas moins important : diversifier, c’est s’assurer une meilleure répartition des risques des marchés.

Reste également l’option du financement participatif qui répond bien aux attentes de Julie : elle peut choisir elle-même une plateforme orientée vers des projets à impact social, sociétal ou environnemental (ce n’est pas le choix qui manque !)… Si Julie est par exemple investie dans une démarche anti-pollution, elle peut financer un projet de nettoyage des fonds marins. Des associations comme Financement Participatif France peuvent l’aider à faire son choix. Encore une fois, ici la diversification est de rigueur : il vaut mieux placer son épargne dans plusieurs projets et via plusieurs plateformes pour ne pas dépendre d’un seul acteur dans le cas d’un scénario malheureux. Et cela, même si Julie croit dur comme fer à un projet philanthropique ! Responsable ne veut pas dire naïf. Pareil pour les sommes investies : son investissement dans le financement participatif ne doit pas dépasser un certain montant de son capital (2 % semble un pourcentage raisonnable). 

Même si l’on peut penser que nous connaissons nos propres engagements et les causes que nous souhaitons défendre, l’épargne solidaire demande des précautions. Elle gagnera toujours plus à être accompagnée dans ses démarches.

Et sinon dans quel produit investir ?

Patience, patience ! Pour Sophie et Lou, leur stratégie de diversification peut se composer d’un mix d’unités de comptes en ETF et SICAV. Vous voilà bien servis avec des termes comme ceux-ci… 

Reprenons les choses dans l’ordre : les unités de compte permettent d’investir de l’argent sur les marchés boursiers, sans avoir à passer par des actions ou des obligations. Autrement dit, cela permet d’éviter à acquérir une fraction du capital d’une entreprise (les actions) ou une fraction d’un emprunt de valeur mobilière (les obligations). Les unités de compte sont des supports d’investissement qui permettent d’épargner sur des fonds assez variés, dont font partie les ETF et SICAV.

Commençons par les ETF, autrement dit les Exchange Traded Funds, ou trackers. Ces trackers permettent d’investir sur un ensemble d’actions qui compose un indice, en n’achetant qu’un seul titre. Cela permet de diversifier ses investissements, tout en étant accessibles. En investissant quelques dizaines ou centaines d’euros, il est tout à fait possible d’avoir un portefeuille aussi diversifié que ceux des investisseurs experts. Parmi les trackers les plus connus, on retrouve ceux des grands indices des places boursières (comme le CAC 40 ou le Dow Jones), des trackers spécialisés par secteurs d’activités (santé, high-tech, etc.), par matière première (or, argent, blé, etc.), par zone géographique (Europe, US, etc.), ou encore par type de types de société (ETI…). Les EFT s’achètent auprès d’intermédiaires financiers qui s’occupent des ordres de vente et d’achat.

SICAV : un autre sigle barbare ! Encore une fois, pas de panique à avoir. L’essentiel est de retenir que ces outils d’investissement servent avant tout aux souscripteurs – comme Sophie et Lou – à investir sur les marchés financiers sans la charge d’une gestion quotidienne. Sicav veut dire “Société d’Investissement à CApital Variable”  : ce placement fait partie des Organismes de placements collectifs, où une multitude d’investisseurs investissent indirectement dans des valeurs mobilières. Il y a donc moins de risques puisque la baisse d’une action peut être facilement compensée et que la diversification est plus grande. Vous me suivez toujours ?

La bourse, c’est beaucoup de titres financiers aux noms parfois peu lisibles mais surtout l’avantage d’une grande liquidité. Sophie et Lou pourront sortir de leurs investissements très rapidement si elles changent de décision ou si elles besoin de disposer rapidement de leur capital investi. Elles trouveront toujours un investisseur prêt à acheter leurs parts. Avec de l’accompagnement et une diversification maîtrisée, elles pourront contrebalancer des fluctuations de marchés parfois brusques. 

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Investir en bourse ne veut pas dire se jeter dans la gueule du loup ! Comme bon nombre de placements, il s’agit surtout de définir ses objectifs et de choisir les titres financiers adaptés à son profil. Les risques sont maîtrisés si la diversification des placements est assurée et si les émotions sont contrôlées. 

Pour Sophie et Lou, investir dans des ETF et des SICAV en étant accompagnées peut les aider à se construire une épargne intéressante dans le temps.

  • Un bon investisseur en bourse reste informé et doit toujours avoir accès aux données en temps réel : rien de mieux qu’une application d’informations financières comme celle de Bloomberg pour ne rien louper et être prêt à la décision.
  • Pour suivre les valeurs boursières des places boursières européennes, le mieux est de se référer à Euronext. Leur application mobile permet de connaître le cours des indices et d’accéder à une analyse détaillée des marchés financiers.

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