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David

préparer une retraite complémentaire

David vient de fêter ses 50 ans et il est artisan plombier. Il est accompagné dans son entreprise d’un salarié et d’une apprentie. Son entreprise marche bien, même s’il y sacrifie beaucoup de sa vie personnelle.

Son problème : il est à la retraite dans 15 ans et il sait que ses pensions de retraite ne suffiront pas à le faire vivre sa femme et lui.

Le cas de David vous aide à : préparer une retraite complémentaire

Mal lotis en général, les travailleurs non salariés bénéficient en revanche d’une réduction d’impôts quand ils cotisent pour leur retraite : c’est le contrat Madelin.

Ce qui se dit

Annie : Alors David, ça a l’air de bien marcher tes affaires, on ne te voit plus aux réunions de famille le dimanche !

David : Tu parles, tout le monde pense que je gagne très bien ma vie… Alors bien sûr, je ne me plains pas mais ce n’est pas la grande fortune non plus. Ce qui m’inquiète réellement pour être honnête avec toi, c’est la retraite.

Annie : Je me souviens que Mamie nous donnait toujours plein de conseils lorsqu’on était plus jeunes, pour “préparer l’avenir” comme elle disait… Quant à savoir si ces conseils sont toujours valables aujourd’hui, je n’en sais rien !

David : Elle disait “Investissez dans la pierre, il n’y a que ça de sûr” ! Alors oui, j’ai suivi ses conseils. J’ai acheté quelques appartements dans le centre et je les loue. Bon, ça marche mais à ce compte, je ne m’en sortirai jamais ! Cela ne suffira pas pour plus tard.

On fait le point

Journalistes, pigistes ou chauffeurs Uber, artistes ou jeunes artisans, vous êtes plusieurs centaines de milliers en France à vivre comme Laura. Les chiffres du nombre de créations d’auto-entreprises explosent, de plus en plus se mettent à leur compte : en 2018, on recensait plus de 25 000 créations d’auto-entreprises par mois (Source : Fédération nationale des auto-entrepreneurs et micro-entrepreneurs).

Le retour de vacances est un chemin de croix : il faut payer les factures de la rentrée quand les revenus sont au minimum. Et on passe l’automne à éponger les découverts… avant les cadeaux de Noël. Les découverts servent à financer ses écarts de revenus, mais ils sont très dangereux. Malgré quelques efforts, le système bancaire a du mal à absorber les situations atypiques, entre les entrepreneurs et les salariés. Du coup les frais restent généralement très importants et ce, quel que soit le niveau de revenus.

En 2017, on comptait 1,15 million de contrats Madelin, et un total de 2,7 milliards d’euros y ont été investis. En comparaison, il y a deux fois plus de souscription au Plan d’Epargne Retraite Populaire ! 

Source : Chiffres de la Fédération Française de l’Assurance, 2017

Un contrat madelin

Pour David, l’objectif est de diversifier ses revenus pour ne pas être dépendant du marché de l’immobilier. La diversification est forcément payante : elle assure la répartition des risques en cas de fluctuations des marchés boursiers. N’oublions pas que chaque solution d’épargne ne performe pas de la même manière, ni au même moment. 

Les retraites Madelin permettent aux travailleurs indépendants de se constituer un complément de retraite. Il s’agit d’un contrat collectif, souscrit auprès d’une compagnie d’assurances. A sa retraite, la compagnie versera tous les mois ou tous les trimestres à David une rente viagère, qui s’ajoutera aux deux retraites obligatoires (la retraite de base, versée par le RSI, et la retraite complémentaire, soumise à des régimes variables).

Cette rente peut sembler peu élevée, surtout au regard des sommes versées par le souscripteur. Mais les contrats Madelin offrent un autre avantage de taille : les cotisations peuvent être déduites du bénéfice imposable et donc réduire ses impôts sur le revenu. Dans les grandes lignes, sauf pour les contribuables les moins imposés, les contrats Madelin améliorent la protection sociale des travailleurs indépendants en la rapprochant du régime général dont bénéficient les salariés. Cette enveloppe de placement s’adapte en partie à leur trésorerie, en permettant de répartir les paiements pendant l’année.

Pour David, elle répond à un double objectif : préparer sa retraite et réduire ses impôts sur le revenu. Les engagements de versement peuvent faire peur (notamment pour les professionnels qui ont des revenus irréguliers !) mais sont également un moyen de s’astreindre à une épargne régulière.

Contrairement au PERP ou à l’assurance-vie, David ne sera pas libre de verser dans un contrat Madelin le montant qu’il souhaite, à son rythme. Il faut verser un minimum annuel obligatoire mais ces versements sont en partie déductibles de l’impôt sur le revenu, selon un mode de calcul complexe qui dépend du plafond annuel de la sécurité sociale (plafond de déduction pour 2018 : 73.504 euros). L’épargne est ensuite bloquée jusqu’à la retraite. A ce moment, David la récupérera sous forme d’une rente viagère soumise à l’impôt sur le revenu, après un abattement de 10 %. En quelque sorte, l’économie d’impôt faite pendant la phase d’épargne n’est donc que “reportée” jusqu’à la retraite.

De plus, l’avantage fiscal du contrat Madelin dépend donc fortement du taux d’imposition. Si le taux de David est inférieur ou égal à 30 %, l’avantage fiscal est trop faible pour justifier la contrainte du blocage de son épargne. Dans ce cas, l’assurance-vie offre plus de souplesse pour préparer sa retraite tout en accordant une fiscalité spécifique avantageuse

Pour un revenu déclaré de 21.000 euros en 2017, le montant maximum déductible pour un contrat de retraite sera de 3.922 euros pour 2017 (soit le forfait de 10 % du PASS)

Ainsi pour un revenu de 65.000 euros, le disponible fiscal retraite sera de : 10 % de 65.000 + 15 % de (65.000 – 39.228) soit 10.365 euros pour 2017

(Exemple tiré du site www.loimadelin.com)

Bien choisir son contrat

Le contrat Madelin fait partie de ce l’on appelle des produits “tunnel”. Autrement dit, l’épargne que l’on y accumule est bloquée jusqu’au moment du départ à la retraite. Les cas de retraits anticipés restent rares, donc il vaut mieux s’assurer d’avoir des revenus réguliers disponibles en parallèle. Tout placer sur un contrat Madelin est une idée à prescrire !

Quand à savoir comment placer son argent sur un contrat Madelin, il faut savoir qu’il en existe trois types : monosupports, multisupports et à points. 

Les contrats « mono-support » sont investis dans un fonds à capital garanti (un fonds euros). Leur rendement est donc particulièrement réduit en ce moment, car il dépend des taux d’intérêt que paient les obligations d’Etat. Mais cela peut permettre à David de ne prendre aucun risque sur son investissement – car si le fonds devait montrer une performance négative, la perte serait absorbée par l’assureur. Ce dernier communique en début d’année le taux de rendement minimum qu’il garantit pour cette année-là. 

Les contrats « multisupports » doivent être investis dans au moins un fonds à capital garanti, mais ils peuvent aussi inclure des actions, des obligations, des parts de sociétés immobilières… et tous les autres titres qu’il est possible d’inclure dans les fonds en unités de compte. Cela offre des choix d’investissements plus larges et donc plus de souplesse. Au début de son contrat, David peut prendre des risques pour augmenter la rentabilité puis, au fur et à mesure que l’échéance approche, il pourra placer la totalité de son épargne sur le fonds garanti.

Enfin, les contrats « à points » transforment immédiatement les cotisations de David en points retraite. Ils ressemblent donc aux régimes de retraite obligatoires. Les points seront transformés en rente, en fonction de leur valeur au début du contrat.

David entendra peut-être aussi parler du PERP, le Plan d’Epargne Retraite Populaire. Le PERP s’adresse aux épargnants qui ne sont pas encore à la retraite, qu’ils soient salariés ou indépendants (contrairement au contrat Madelin qui est uniquement destiné aux travailleurs non salariés). Ce placement permet de préparer sa retraite et de réduire son impôt sur le revenu.

Pour prévoir une retraite suffisamment confortable pour sa femme et lui, David a tout intérêt à souscrire à un contrat Madelin, qui lui prévoit un complément de retraite. Il doit toutefois veiller à plusieurs points et notamment à choisir son contrat (monosupports, multisupports ou à points) en fonction de son appétence au risque !

  • Le site www.info-retraite.fr vous informe de tous vos droits à la retraite et des régimes spécifiques. N’hésitez pas à aller consulter leurs simulateurs pour connaître votre âge légal de départ à la retraite et si vous avez droit à une retraite anticipée pour carrière longue par exemple. 
  • Il existe des outils en ligne, comme le site www.loimadelin.com, pour calculer votre plafond de déduction fiscale Madelin, n’hésitez pas à vous en servir pour voir si ce placement peut vous être véritablement utile.
  • Le Projet de loi relatif à la croissance et la transformation des entreprises (PACTE) prévoit d’apporter des modifications à certains avantages comparatifs du contrat Madelin. Il est donc prudent de garder un oeil à la législation tant que les projets de lois ne sont pas aboutis et votés par toutes les instances.

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